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 L'ordre naît du chaos, et du néant jaillissent les astres

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Egérie de Seintes

Identité
Titre :: duchesse
Âge: 23 ans
Race: Humain


Egérie de Seintes

Jaseur
Mar 27 Oct 2020, 19:08
Sujet : L'ordre naît du chaos, et du néant jaillissent les astres   
L'Ordre naît
du Chaos...
& du Néant jaillissent les astres.
musique d'ambiance:
 

Ils passèrent les portes de la capitale. Et ce fut comme s'ils entraient dans un autre monde.

"Diantre !" s'exclama le capitaine de son escorte, aussi surpris qu'elle.

Pour une première à la capitale, Egérie avait bien choisi son moment. La délégation était partie depuis à peu près deux semaines, et l'agitation régnait à la capitale. La duchesse de Seintes avait laissé son domaine aussitôt l'annonce des évènements parvenue jusqu'à elle. Le prince ayant quitté le royaume, il fallait bien que quelqu'un représente encore Seintes à Varenne. Elle ne comptait pas laisser passer l'occasion.

Depuis quelques mois, elle recrutait des hommes et des femmes pour assurer la sécurité du duché. En partant, elle avait demandé à trois d'entre eux de l'accompagner, pour sa propre sécurité, dont celui qu'elle avait nommé capitaine : Diarmuid Aillel. Il était bavard, grande gueule, toujours le mot pour rire aux lèvres. En un mot, il avait égayé le voyage.

Egérie avait laissé Gavriel aux soins de ses parents, venus habiter à Seintes pour un temps. Elle espérait qu'il serait en sécurité là-bas. Le vent portait jusqu'au côtes un souffle de piraterie. Le roy et les plus hauts membres de sa cour partis, nul doute que d'autres qu'elle saisiraient l'occasion pour monter en grade. Et nul doute non plus que les écumeurs de rivages profiteraient aussi de la situation. Peu importe les enjeux bien plus complexes qui se dessinaient sur l'horizon de leur vie à tous.

Ils progressaient tant bien que mal avec leurs chevaux au milieu des rues bondées.

"Vous savez où est le quartier des Coteries, Diar ?

- Absolument pas. Mais dans quelques secondes, je le saurai."


Il lui fit un clin d'œil.



Irrévérencieux

Quand elle jeta de nouveau un coup d'œil vers lui, il avait disparu.



Et discret.

Quelques instants plus tard, il reparut, un large sourire aux lèvres, et il prit la tête de la compagnie.

"C'est par là !"


L'ordre naît du chaos, et du néant jaillissent les astres 23b13c307ee85f088a816b87a0215733

Plutôt que de descendre dans une auberge, elle avait préféré louer une maison. Il avait été difficile à l'homme envoyé pour cette tâche de lui trouver une habitation selon ses vœux : calme mais pas trop loin du centre névralgique du quartier.

La duchesse fut charmée de la petite perle dénichée par son envoyé. C'était bien différent, et bien moins spacieux que sa villa, mais cela suffirait largement à ses besoins urbains.

Il faudrait qu'en peu de temps elle rencontre un maximum de monde, pour prendre la mesure de ce qui se passait ici, de qui avait pris la tête du mouvement général. Elle se fraierait ensuite un chemin parmi tous ces gens, passagèrement déboussolés par l'absence de repères actuelle.

En entrant dans la petite cour bien aménagée, elle songea qu'il lui faudrait vite discerner de qui elle devait se faire des alliés et de qui elle devait se méfier. Surtout, elle devait préserver son indépendance, tout en s'entourant de gens avisés, capables de la conseiller sans s'imposer.

Elle descendit de cheval et entra dans la maison pour l'explorer et s'installer, laissant ses compagnons d'armes faire leur travail et s'occuper des chevaux.

Elle envisageait d'aménager un espace pour recevoir des visites d'affaires lorsque Diarmuid la rejoignit.

"Madame, désirez-vous qu'on mette en place une surveillance de la maison ?"

Elle réfléchit.

"Oui, mais il est inutile que ce soit ostentatoire. On pourrait croire que je me sens menacée, ou bien que je me surprotège. Ici, mon meilleur avantage serait peut-être au contraire de paraître insouciante. Vulnérable. On se méfiera moins de moi. Vous saurez y parvenir ?"

Il lui fit un simple sourire entendu avant de partir. Elle prit cela pour un oui et emprunta un escalier pour visiter l'étage et choisir une chambre à sa convenance.



❀❀❀

Quelques heures plus tard, vêtue d'une tenue plus appropriée qu'un costume de voyage, elle quitta la maison en compagnie de son garde, quelques rouleaux sous le bras, pour rejoindre les Halles.




HaShem Boreh

Identité
Titre :: 20
Âge:
Race:


HaShem Boreh

CHRONIQUEUR
Ven 30 Oct 2020, 14:46
Sujet : L'Armateur   
Maîstre
Van Roesems
hk0s.jpg
Titre : L'Armateur
Age : 61 ans
Race : Humain

Classe : Maître
Corpo. : Coterie des Armateurs

Alignement : Chaotique/Neutre
Localisation : Envel
Le soleil serait bientôt à son zénith et il aurait dû être parti pour la cour il y a déjà plus d’une heure. L’homme se sentait à la fois fort satisfait et profondément irrité. Entouré de ses partenaires, il jetait régulièrement un regard par-dessus la rambarde. Au-dessous de lui, nombres de ses meilleurs employés faisaient affaires avec des acheteurs au milieu de d’autres commerçants de moindre importance. Il y avait foule dans les halles, comme d’habitude. On s’y marchait littéralement dessus, les nobles avec les bourgeois, la canaille avec les pignoufs.

La lumière pénétrait à flot au travers de la bâtisse faite de verre, la grande ouverture sur le devant laissait quant à elle aller et venir des vagues ininterrompus de populace et sur le côté, l’on pouvait apercevoir les grandes arches qui surplombaient la mer ainsi que les navires qui arrivaient de la baie d’Ima. « La plupart sont à moi, se dit l’Armateur comme à chaque fois qu’il posait les yeux sur cette vue ». Se détournant, il acquiesça vaguement d’un geste du menton à ce que lui disait son voisin de droite.

« Il en va de soi cher ami. Si je ne vous y vois pas, j’en serai fort contrarié. »

Un autre qui rejoindrait la cour pour défendre ses positions... La menace lancée, il attrapa dans ses bras le chien qui se trouvait à ses pieds et eu un geste autoritaire de sa canne pour amorcer son départ. Il lui fallait aussi se rendre à la cour car maintenant qu’il avait acquis la présence de ses compatriotes les plus influents, il se devait de les représenter là où se prenait les décisions.

Alors qu’il allait prendre les escaliers, son œil avisé aperçu au-delà de l’entrée un véhicule faire halte et en sortir une très belle femme. L’homme émit un bruit de gorge appréciateur mais son flair lui disait tout autre chose. Il descendit donc les escaliers, les gens s’écartait naturellement sur son passage et il arriva jusqu’à la sortie étonnement rapidement pour quelqu’un de sa corpulence. Il croisait la jeune femme lorsque d’une voix de stentor il cria à un employé :

« Faites moi avancer une voiture, je m’en vais au Palais ! »
Egérie de Seintes

Identité
Titre :: duchesse
Âge: 23 ans
Race: Humain


Egérie de Seintes

Jaseur
Sam 31 Oct 2020, 11:47
Sujet : Re: L'ordre naît du chaos, et du néant jaillissent les astres   
L'Ordre naît
du Chaos...
& du Néant jaillissent les astres.

Les Halles étaient un endroit fascinant. Du moins, Egérie le pensait-elle en voyant le toit du bâtiment s'élever au-dessus des maisons de la capitale et des entrepôts du port.

Dans la voiture appelée sur le chemin, elle tenait le rideau pour observer l'extérieur à son aise. Elle avait posé ses rouleaux près d'elle, et se contentait de découvrir le fabuleux environnement de Varenne avant d'entrer dans l'arène.

Elle avait appris que les troncs de cèdre envoyés étaient bien arrivés à bon port, et qu'ils étaient actuellement préparés pour construire un nouveau bateau. C'était une bonne chose, car ce don de bois avait fait parler d'elle dans le milieu des armateurs. Elle comptait là-dessus pour s'introduire auprès des rapaces des coteries. Il valait mieux qu'une bonne réputation la précède, plutôt que rien du tout.

Son capitaine était aussi dans la voiture, de l'autre côté, tout aussi absorbé dans la contemplation de la ville. Elle savait de source sûre qu'il était déjà venu pourtant, et qu'il ne s'y était pas fait que des amis...

Plus ils avançaient, plus la foule se faisait dense, plus l'air iodé imprégnait l'air. Les Halles surplombaient les quais, le port, animé d'une effervescence qu'Egérie imaginait habituelle. Il lui faudrait se familiariser avec ces lieux.

La voiture s'arrêta au seuil des Halles. Egérie en descendit, admirative devant la beauté de ces lieux dédiés pourtant aux discussions les plus âpres. Le nez en l'air, elle faillit oublier ses rouleaux de papier dans le véhicule.

"Madame..."

Diar les lui tendit. Elle le remercia d'un regard, puis sursauta à l'ordre crié non loin d'elle.

La duchesse se tourna vers l'homme à l'origine de ce son autoritaire et le détailla rapidement : grand, imposant même par sa bedaine. Ce qui attira tout de suite son regard fut pourtant, et avant tout, le petit chien qu'il tenait dans ses bras. "Autant commencer quelque part" se dit-elle en faisant un pas vers l'homme.

"Si vous êtes pressé, je quitte la mienne."

Sans attendre davantage, elle tendit une main, et se présenta, avec un sourire :

"Egérie de Seintes, pour vous servir, monsieur... ?"

Puis, baissant les yeux sur le chien :

"Comment s'appelle-t-il ?"

Elle n'avait pas l'intention de le mettre en retard, mais sa question n'attendait pas un long développement. S'il consentait à lui répondre, ce serait l'affaire d'une seconde ou deux, le temps que la voiture soit prête à repartir.

HaShem Boreh

Identité
Titre :: 20
Âge:
Race:


HaShem Boreh

CHRONIQUEUR
Dim 01 Nov 2020, 16:01
Sujet : Re: L'ordre naît du chaos, et du néant jaillissent les astres   
Maîstre
Van Roesems
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Titre : L'Armateur
Age : 61 ans
Race : Humain

Classe : Maître
Corpo. : Coterie des Armateurs

Alignement : Chaotique/Neutre
Localisation : Envel
« Si vous êtes pressé, je quitte la mienne. »

Il tourna la tête vers la femme qui venait de parler et fit mine de se montrer surpris mais, mauvais acteur, l’expression était un peu trop marquée pour être sincère. Il attrapa la main qui lui était tendue et la serra dans la sienne qui tenait aussi sa canne, appuyant le pommeau fortement contre l’intérieur de ses doigts fins. Il y pencha alors ses lèvres sans pour autant toucher la peau de sa main car il était loin d’être de son rang, e fait il n’était pas même de sang bleu. D’ailleurs, s’il n’avait été l’homme le plus riche du royaume, il n’aurait pu que s’incliner devant une duchesse. Ainsi la marque d’attention et de respect qu’elle lui montrait par cette main fit son chemin jusque dans l’orgueil de l’homme qui se dit qu’elle ne se doutait certainement pas de son importance.

« Mes respects votre Grâce... »

Lâchant sa main, il jeta un regard vers le conducteur suffisamment cinglant pour lui désigner de maintenir les chevaux aussi longtemps que nécessaire puis reporta ses yeux sur la Dame.

« Battalion… C’est son nom.

Il eut un sourire qui révéla quelques dents en or.

- Maistre Van Roesems votre Grâce et si je puis me permettre, vous ne vous trouvez pas au bon endroit. Du moins pas au bon moment. Quoi… Vous n’étiez pas au courant ?

Il fit un signe de la main battant l’air.

- Bah, quelle importance ! Vous tombez à pic ma chère. Je m’en allais de ce pas rejoindre la cour au Palais de Jade car le Sénat se réunit en ce moment même. Si mes souvenirs sont bons, la maison de Seintes y a des prétentions n’est-ce pas… »

Le ton était clairement suffisant et l’intonation mielleuse de sa fin de phrase, qui n’était en rien une question, ne laissait aucun doute sur ses intentions. L’homme la provoquait.

L’Armateur lui tendit son coude de façon à lui proposer silencieusement si elle souhaitait l’accompagner.

« N’ayez crainte, tout ceux à qui vous avez intérêt à montrer ces documents, il désigna vulgairement les plans du menton, se trouvent actuellement au Palais. »

Apparemment l’homme en savait beaucoup sur sa maison et sur ses intentions. En même temps, s’il était devenu l’homme le plus puissant du royaume, c’était qu’il n’était pas tout à fait dénué d’intelligence...
Egérie de Seintes

Identité
Titre :: duchesse
Âge: 23 ans
Race: Humain


Egérie de Seintes

Jaseur
Dim 08 Nov 2020, 18:44
Sujet : Re: L'ordre naît du chaos, et du néant jaillissent les astres   
Les gestes et les mots de l'homme étaient en apparence d'une politesse tout à fait régulière. En réalité, Egérie avait moyennement apprécié la pression de la canne contre sa main, qu'elle retira à l'homme dès qu'elle le put. Elle le jugea autoritaire au regard qu'il lança au conducteur, mais conserva, malgré sa méfiance croissante, un regard avenant, et comme elle considérait qu'il valait mieux attendre un peu avant d'avoir une opinion tranchée sur les gens, Egérie garda un silence affable pour l'écouter.

Le nom du chien, Battalion, la fit doucement sourire même. Se pouvait-il qu'il ait une armée entière de petits chiens comme celui-ci, pour conquérir le monde ? Mais on ne pouvait sans doute pas dire que le voir se promener avec ce roquet, minuscule en comparaison de son maître, inspirait une grande crainte. Du moins pas tant qu'on restait loin de son chemin. La duchesse ne s'attarda pas sur l'animal. L'individu qu'elle avait face à elle était bien plus intéressant.

Elle l'observa plus attentivement dès qu'il se fut présenté. Maistre Van Roesems. Riche armateur, dont le nom traversait régulièrement les plus grandes distances du royaume. Même les pirates avaient dû entendre parler de lui... D'ailleurs, lui-même parlait beaucoup, faisant les questions et les réponses. Ce qui apprit à Egérie qu'elle n'était pas au "bon endroit", alors que les Halles étaient bien le but de son voyage. N'était-ce donc pas là qu'on rencontrait constructeurs, armateurs et navigateurs ? et pourquoi pas d'autres branches fort intéressantes ?

La duchesse fronça les sourcils, légèrement déstabilisée. Il semblait que son nom l'ait précédée, et ses intentions également. Mais elle était transparente à ce sujet : elle voulait une place au palais. Elle voulait avoir son mot à dire dans les affaires du royaume. Grand bien fasse à ce Van Roesems de l'attaquer à ce sujet, c'était exactement pour cette raison qu'elle était là.

Elle rassembla le peu d'informations qu'elle avait sur lui : son nom, sa renommée, son domaine d'exercice. Il était maître armateur, cela signifiait qu'elle n'avait quasiment rien à faire avec lui. Mais il était puissant, et s'il allait à la cour, autant l'accompagner, puisqu'il le lui proposait si cavalièrement.

Egérie accepta son bras, non sans rester quelque peu distante. Soit il lui proposait cette virée au palais pour assouvir sa curiosité à son sujet, auquel cas, elle serait ravie de le satisfaire, soit il cherchait à l'éloigner des Halles. Mais ce ne serait qu'un piètre retard dans ses projets, elle reviendrait là dès que possible pour comprendre un peu comment tout cela fonctionnait.

« Vous êtes très prévenant, Mr. Van Roesems, je vous remercie de me proposer si gentiment d'aller au Palais. »

Elle allait montrer ses plans, mais certainement pas à lui. Du moins pas dans l'immédiat. Pour l'instant, elle comptait bien jouer la veuve naïve et tout à fait inoffensive. Elle monta dans la voiture, et quand il fut également installé, elle demanda, comme si de rien :

« Pourquoi, Mr. Van Roesems, n'êtes-vous pas parti avec la délégation, à Faye ? après tout, vous êtes riche et puissant. A moins que je ne me trompe... »

Elle lui adressa ensuite un sourire tout à fait ingénu en apparence.
HaShem Boreh

Identité
Titre :: 20
Âge:
Race:


HaShem Boreh

CHRONIQUEUR
Jeu 12 Nov 2020, 10:27
Sujet : Re: L'ordre naît du chaos, et du néant jaillissent les astres   
Maîstre
Van Roesems
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Titre : L'Armateur
Age : 61 ans
Race : Humain

Classe : Maître
Corpo. : Coterie des Armateurs

Alignement : Chaotique/Neutre
Localisation : Envel


« Maistre, précisa-t-il dans un claquement sec de la langue. Maistre Van Roesems je vous prie. »

Au regard désapprobateur qu’il lui lança en coin, ses pensées semblaient claires. « Ces nobles si attachés à l’étiquette n’étaient pas même fichus de retenir le statut d’un honorable ! » Mais au-delà de ça, l’homme était plutôt satisfait de son effet.

Au regard du maître armateur, Egérie semblait séduite. Non pas par son charisme car l’homme se savait peu avenant du fait de son âge avancé mais il hésitait plutôt entre l’attraction que pouvait avoir son chien sur les dames ou la séduction de sa propre importance. Le regard et la position suffisante de Maistre Van Roesems s’accentua et cela se remarqua au gonflement de son torse lorsqu’elle passa sa main à son bras.

« Avoir un Prince dans sa manche n’est pas rien ma chère, déclara-t-il sans tournure lorsqu’il traduit sont froncement de sourcil par de l’étonnement. Prince qui a d’ailleurs fort bien réussit dans sa mission. »

Se disant, il les approcha de la voiture et l’aida à monter avant de la suivre à l’intérieur. Il s’installa en face d’elle, déposa son gros corps sur plus de la moitié de la banquette. Son chien avait été délaissé à côté de lui et l’Armateur braqua son regard sur Egérie, maintenant droitement sa canne devant lui, le bras tendu.

« Saviez-vous que je ne vous aurais jamais proposé de m’accompagner si votre nom n’avait pas fait son chemin parmi les pairs de nostre royaume. Je crois savoir que votre commerce est florissant ? »

Ses yeux brillèrent de curiosité tandis que la voiture se mettait en branle. Finalement, l’homme ne savait pas tout et il espérait bien en savoir plus sur l’affaire de la dame. Pas qu’il était intéressé pour faire commerce avec elle, il avait fort peu d’intérêt dans le bois. Du moins tant que ce n’était pas lui qui l’importait de l’étranger à Envel. A l’inverse, elle pourrait potentiellement lui nuire si une part importante des acheteurs se tournaient vers elle plutôt que vers ses partenaires. En réalité, cela même ne l’inquiétait guère car se n’était pas le secteur dans lequel il investissait, c’était juste que certains pourraient venir pleurer dans ses jupes… Mais il se sentait l’humeur de les renvoyer dans leurs pénates s’il trouvait son intérêt avec la Coterie de Seintes. Non, ce qui lui importait c’était la place de la duchesse dans les enjeux politiques plutôt qu’économique. Elle représentait dorénavant une nouvelle voix…
Egérie de Seintes

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Titre :: duchesse
Âge: 23 ans
Race: Humain


Egérie de Seintes

Jaseur
Ven 20 Nov 2020, 19:14
Sujet : Re: L'ordre naît du chaos, et du néant jaillissent les astres   
Lorsqu'il la reprit un peu sèchement sur le titre de «monsieur»  qu'elle lui accordait, Egérie se contenta d'un sourire contrit. Elle aurait été ravie d'être polie avec lui, mais puisqu'il ne s'embarrassait pas de tact, elle ne voyait pas pourquoi faire un effort de son côté. Toutefois, il y avait l'art et la manière. Elle trouverait bien un moyen de glisser un peu d'ironie quelque part.

Par ailleurs, il semblait avoir déjà oublié cet écart malheureux, par la miraculeuse intervention de son bras sous le sien. La duchesse observa du coin de l'œil, mais avec intérêt la réaction du maistre. Cela l'amusa beaucoup, mais elle n'en montra rien d'autre qu'un petit plissement de la paupière.

Puis elle s'interrogea sur la nature de la "mission" du prince qu'il évoquait. Parlait-il de son ambassade anticipée en Faye ? Cela lui paraissait très improbable étant donné que les nouvelles n'arriveraient pas avant plusieurs semaines ou mois. A moins qu'il ne parle du rôle qu'était censé jouer le prince pour leur affaire à la capitale : introduire la coterie de Seintes dans les hautes sphères ? Elle avait l'impression qu'il parlait par énigmes. Elle jugea que la seconde option était plus vraisemblable. Cela signifiait donc qu'on la connaissait, de nom au moins. C'était une bonne chose, qui lui fut confirmée par les propos suivants de son interlocuteur.

Ainsi donc, ils ne s'étaient pas croisés par hasard. Tout cela n'était qu'une petite mise en scène. Elle se retint de le froisser par une remarque sur les bienfaits de la spontanéité et préféra répondre à sa question déguisée, mais assez évasive tout de même :

« Je suis vraiment très honorée que vous m'ayez proposé de vous accompagner. Mais n'exagérons rien, florissant n'est pas encore le bon terme. Je dirais... prometteur. »

Elle nota également qu'il n'avait pas pris la peine de répondre à sa question sur sa présence ici. Avait-elle touché un point sensible ? affaire à creuser, elle ne comptait pas laisser passer ça. Elle attira le chien par quelques caresses habiles, et reprit, sans avoir l'air d'y toucher :

« Mais pour vous même, les affaires vont-elles bon train ? je dois avouer que je suis un peu novice dans ce monde des affaires ; j'ai bien souvent entendu votre nom, mais je crois bien ne pas savoir exactement à quoi il est associé. Je serai curieuse de savoir un peu en quoi consiste votre activité. »

Elle gratouilla le menton de Battalion, en se disant que jamais elle ne voudrait d'un si petit chien.
HaShem Boreh

Identité
Titre :: 20
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HaShem Boreh

CHRONIQUEUR
Lun 23 Nov 2020, 23:01
Sujet : Re: L'ordre naît du chaos, et du néant jaillissent les astres   
Maîstre
Van Roesems
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Titre : L'Armateur
Age : 61 ans
Race : Humain

Classe : Maître
Corpo. : Coterie des Armateurs

Alignement : Chaotique/Neutre
Localisation : Envel
« Bah... »

Le son fut lâché avec un geste de la main vague à la réponse de la duchesse concernant son commerce. L’homme n’appréciait guère lui-même minimiser la grandeur de sa flotte mais il savait que c’était chose habituelle dans certains cercles. En tout cas, c’est ainsi qu’il le prenait car lorsqu’il était plus jeune, il avait appris à ses dépens qu’il était fort impoli de parler d’argent au sein de « la haute ».
La Dame avait l’air malgré tout différente à ce sujet et cela lui plaisait. Il n’adorait rien de plus que de parler des affaires et que ce soit avec une femme ne le dérangeait guère tant qu’il y avait du potentiel. Il se doutait cependant bien que la jeune femme ne gagnait pas encore des milles et des cent mais le terme de « prometteur » convenait bien finalement.

« Je vois que vous êtes une femme de mot »

Tentait-t-il de faire de l’esprit ? Il semblait bien…

La question d’Égérie de Seintes eu comme effet d’allumer chez lui son regard de serpent. Van Roesems n’était pas des plus gracieux, ni délicat. Il manquait d’éducation et de loin, son parler était trop direct et ses manières bien assez brusques. Dans l’ensemble il en avait conscience mais surtout, il n’en avait rien à faire. Surtout depuis que c’était lui qui menait dorénavant les règles du jeu et il ne rechignait pas à exprimer son autorité d’une façon ou d’une autre, que cela soit au sein de la bonne société ou dans les quartiers puants du port. En revanche, s’il avait atteint sa position actuelle c’était que le vieux était rusé, douée d’une intelligence pointue et maline. Ainsi donc, il comprit que la femme voulait jouer et cela l’amusait.

Il ne releva pas et l’étincelle disparue aussi rapidement qu’elle était apparue. Il se montra d’abord profondément offensé qu’elle ignore ses domaines d’activité ! L’homme parti ensuite dans une diatribe afin de lui révéler l’étendue de son pouvoir sur les différentes branches économiques du pays. Comme s’il était tombé dans le piège, il parla de sa flotte (gigantesque), du poids de sa gestion et du prix exorbitant de la main d’œuvre. Il en vint aux différents noms les plus influents du moment et de comment fonctionnait la place des échanges. Un monologue pompeux, détaillé, souvent volontairement technique et ennuyeux, et pourtant complètement dénué d’informations essentielles et encore moins stratégiques ou confidentielles à son sujet. Puis enfin, il parla de ses importations :

« Les plus grands marchés restent évidemment ceux du tissu, de l’alcool et de l’alimentaire, surtout le bétail. Soie, laine, lin, cuir… Les vins, le poisson… Pas mal de chevaux à l’exportation soit dit en passant… Verrerie et céramique, les nobles aiment beaucoup ça ! Ainsi que beaucoup d’objets rares, j’y intègre là-dedans les bijoux évidemment. Les Académiciens sont friands de tout ce qui est objets incrustés, minéraux et ce genre de matière pleine d’énergie inorganique. Pas de tabac, rarement du bois et uniquement du bois de travail si cela peut vous rassurer, d’abord parce que le bois d’œuvre nécessite des navires adaptés et d’autre part parce que le marché et occupé… Je vous présenterai tout à l’heure si cela peut aider, ne me remerciez pas. Bien qu’à Envel, il n’y a guère jamais assez de bois vous vous en doutez. »

Au moins, ce qui pouvait en ressortir c’est que Van Roesems avait de larges parts sur plusieurs des plus gros marchés de consommation de masse et quelques marchés plus rare mais de biens de luxe. Le monopole devait être savamment étudié pour être réparti en pyramide où les plus petits servaient les plus grands.

« Mon premier bateau n’était qu’une bicoque trouée voyez-vous mais les traités commerciaux, j’allais les chercher en personne et non pas au travers d’ambassades gouvernementales. Tsss… Pourquoi se faire taxer quand on peut avoir le tout ? Certes… Les couards prennent l’excuse des pirates et autre sauvagerie des mers mais… C’est comme ça qu’je me suis mis le Damot dans la poche ma p’tite Dame, la main dans la main et tous les jaunets qui vont avec ! »

Il parti d’un rire gras alors qu’il se penchait pour écarter le rideau du bout de sa canne afin de voir où ils en étaient. Il était clair qu’au-delà de se jeter des fleurs, le chef de la famille Van Roesems l’avertissait que sa Coterie était totalement indépendante du gouvernement Envelien, c’était même l’inverse. L’économie d’Envel dépendait dangereusement de la Coterie des Armateurs. Si cette dernière tombait, c’étaient les accords commerciaux les plus importants du royaume qui tombaient avec elle car ces accords lui appartenaient de plein droit, à son nom et à son nom seul. En finalité, si Van Roesem décidait ne serait-ce que de changer de port d’attache, l’économie d’Envel s’effondrerait.

Finalement, s’il n’y avait rien de bien stratégique dans ses révélations, car dans la haute sphère cela se savait, il n’y avait plus de doute sur l’importance de sa position. Il menait le jeu et les gens mesuraient leurs propos en sa présence, nobles ou pas. Étrangement, il était rafraichissant de rencontrer un nouveau visage déterminé en la personne d’Égérie, et si joliment dessiné en plus...

Van Roesems n’était pas un mauvais bougre, imbu de lui-même, mal élevé et son outrageuse fierté était à la hauteur de sa réussite mais il avait une famille. Des faiblesses qui se traduisaient en chacun des membres de son clan. Jusqu’à ce jour, il avait réussi à écarter tout ceux qui avaient tenté de le toucher à travers eux, grâce à Dieu.

« Nous voilà arrivés ! Annonça-t-il alors que le véhicule faisait halte. Êtes-vous anxieuse ? Je le serais à votre place… »

Après qu’un serviteur eu ouvert la porte, le vieil homme offrit son aide à la Duchesse, toujours de cette façon bourrue et de sa poigne autoritaire. Il offrit enfin son bras pour monter ensemble et gravir l’immense hall qui les séparaient de la chambre parlementaire. Il y avait beaucoup de personnes formant des groupes tout autour d’eux. Ils parlaient fort, débâtaient en de grands gestes. Il y avait là des aristocrates, des étudiants, des mages et des prêtres qui allaient et venaient et interpelaient chacun selon sa philosophie. Tout le long sur le côté, de grandes ouvertures donnaient sur des jardins et au travers de leurs arches illuminaient le marbre rose.

« Voyez comme ils vous regardent, murmura-t-il. Appréciez-vous cela ? »

Quant à lui, pas qu’il aimait ça mais plutôt que cela le satisfaisait. En effet, nombres d’entre ces gens se retournaient discrètement pour leur jeter des œillades curieuses.

« C’est pour moi une revanche sur la vie, lui confia-t-il sans s’expliquer en détail. Ils se disent : "mais qui est cette femme que l’Armateur accompagne ?" Que vous le vouliez ou non, c’est moi qui vous parraine ce jour. Avant ce soir, nombreuses seront les portes qui s’ouvriront à vous. Ne me remerciez pas… »

Il y avait comme un sourire dans sa fin de phrase alors que c’était presque de la jalousie qui avait vibré lorsqu’il avait parlé de parrainage, comme s’il avait été jaloux que le Prince ait tenu ce rôle jusque-là.
Egérie de Seintes

Identité
Titre :: duchesse
Âge: 23 ans
Race: Humain


Egérie de Seintes

Jaseur
Dim 06 Déc 2020, 18:39
Sujet : Re: L'ordre naît du chaos, et du néant jaillissent les astres   
Des ordres
& des astres
Avec Van Roesems

Un sourire étira les lèvres d’Egérie. Une femme de mot. Un bon mot équivoque. Jouer avec les mots était toujours un plaisir pour la duchesse. Prendre au mot également. Et ainsi de suite. D’ailleurs, le Grand Jeu politique n’était-il pas un jeu où les mots étaient maîtres ? Subtilités et nuances se déguisaient souvent en vocabulaire maniéré ou raffiné, loin d’une préciosité qu’on pouvait moquer. Et pourtant, maistre Van Roesems semblait ne pas faire cas de cette maîtrise langagière. Après tout, chaque manière de parler avait sa place en politique, et pourquoi s’embarrasser de demi-mots quand on pouvait aussi en employer sans équivoque ?

Continuant de caresser Batalion, très distraitement, elle accorda toute son attention au monologue de son interlocuteur.

Egérie savait qu’il était armateur, et puissant, mais il lui manquait des informations et elle avait l’impression de nager en aveugle, car elle ne comprenait pas vraiment quel intérêt, sinon social, l’homme le plus puissant de la capitale (à ce qu’il disait) pouvait trouvr à sa compagnie. Et si elle-même voulait tirer quelque chose de cette rencontre, il fallait bien qu’elle en apprenne davantage sur lui, ses ambitions, ses idées, ses prérogatives, l’étendue de son influence réelle, ... tout ce qui pourrait éventuellement créer du lien entre eux. Sinon, il resterait pour elle, celui qui l’avait accueilli aux marches des Halles, accompagnée au palais de Jade, et dont elle ne savait pas encore si elle devait s’en faire un allié ou un ennemi.

Pour le moment, elle penchait plutôt pour la seconde option, puisqu’il était puissant. Elle ne comptait pas se mettre à dos les plus influents personnages de la capitale à peine arrivée. Elle n’en n’avait pas les moyens.

Elle lui prêta donc attention tout le temps que durèrent ses explications. Ce qui lui permis de prendre un peu mieux la mesure de son avoir. Elle garda en tête qu’il se plaignait de la gestion et de la main d’œuvre sans pour autant avoir l’air d’être véritablement ennuyé par ses aspects de son commerce. Il se plaignait pour la forme, tentant de noyer le poisson dans des litres et des litres d’eau troublés par l’abondance de son propos. Cela amusa Egérie, avant de la lasser un peu, si bien qu’elle faillit détourner ses pensées, mais au moment où elle allait décrocher, il parla des Halles, et elle redevint attentive.

Ce lieu d’échanges était un point névralgique de la capitale, et elle se devait d’en connaître les rouages. Elle retint aussi les noms qu’ils prononça avec la ferme intention de les mettre bientôt sur une liste d’invitations à envoyer, ou bien de visites à faire.

Au milieu de tout cela, il manquait malgré tout des détails qui auraient pu l’intéresser davantage : dans quels ports mouillaient ses navires ? qui étaient ses clients les plus influents ? déléguait-il certaines responsabilités ? ses employés avaient-ils un savoir-faire bien spécifique qui rendait son entreprise singulière et unique ? que faisait-il encore là, alors que les plus puissants étaient partis ? comment avait-il acquis tant d’importance ?

A certaines de ces questions, elle n’attendait pas une réponse de sa part, mais malgré lui peut-être, il les soulevait dans son esprit, et elle avait bien l’intention de mener son enquête.

Quand il en arriva à parler des marchandises, elle retint la suspension qu’il marqua en parlant du bois : « le marché est occupé... » Evidemment. Par les Faye, qui exportaient. Cela elle le savait. Mais avec ce qu’elle comptait produire, elle ne s’inquiétait guère de la concurrence, d’autant que les Enveliens ne feraient qu’y gagner. Cela lui apprit aussi que  Van Roesems connaissait la nature de son projet, même si ses informations n’étaient pas d’une grande précision. Du bois. Il fallait bien que le Sénat soit un tantinet au courant depuis le temps que le prince et elle avaient fait affaire. Au moins ne débarquait-elle pas dans une cour totalement ignorante de ses intentions.

Elle acquiesça silencieusement à sa proposition de la présenter au palais, à qui de droit. Et sourit en l’entendant lui dire de ne pas le remercier. Il fallait qu’il se méfie, en tant que femme de mot, elle était capable de le prendre au mot.

Leur voiture avançait dans les rues de la capitale. Par l’un de ses habiles tours, son garde du corps, disparu au moment où elle avait accepté d’accompagner l’armateur, avait trouvé un cheval, et venait d’apparaître dans son champ de vision. Elle échangea un regard avec lui, puis repoussa le chien qui tentait de se hisser sur ses genoux. Elle voulait bien le caresser, mais hors de question qu’il laisse des poils sur sa robe, en plus de sa bave sur sa main. Sa tolérance avait des limites. Et puis, son maître racontait enfin quelque chose de personnel. Apparemment, Van Roesems concluait lui-même ses traités commerciaux, en allant jusqu’au Damot, et sans crainte des pirates encore !

Elle haussa un sourcil, à mi-chemin entre l’étonnement et l’admiration.

« Donc vous ne craignez pas les pirates, souffla-t-elle, comme si c’était tout ce qu’elle avait retenu. Même avec le départ de la délégation ?

Ces redoutés couleurs de navire ne tarderaient pas à devenir plus entreprenants quand ils apprendraient qu’une partie de la flotte de guerre était partie en Faye. C’était aussi cette conclusion qui avait poussé Egérie à quitter son domaine pour venir à Varenne. Elle voulait savoir comment les côtes étaient protégées, si elles l’étaient. Et elles devaient bien l’être n’est-ce pas, depuis la dernière guerre ? après tout, c’était par le front de mer que l’Ennemi avait attaqué. Il devait bien y avoir des vestiges de fortifications qui pouvaient être mis à contribution...

Avec son projet, elle offrait la possibilité aux Enveliens de devenir un peu plus indépendants de Faye. Et après les propos de Van Roesems, elle comprenait parfaitement que leurs ambitions et objectifs différaient. Il avait à cœur son propre intérêt commercial, se préoccupant en second plan d’un intérêt général, qui du reste, devait lui passer au-dessus de la tête. Au contraire, Egérie accordait son intérêt propre à celui d’Envel. Elle s’assurait ainsi l’intérêt du gouvernement, ce qui était une garantie que son projet fonctionnerait, et donc que son intérêt propre y trouverait son compte. Cela signifiait aussi qu’elle pouvait se ruiner, si jamais Envel n’avait plus besoin de la denrée qu’elle vendrait. Mais comme l’avait dit Van Roesems, le bois était chose rare à Envel, et le pays ferait encore des bateaux dans une dizaine d’années. C’était assez de temps pour changer son sabre de flanc si nécessaire.

Le palais apparut à la fenêtre, dégagée par un geste de l’armateur. Egérie faillit ne pas entendre sa question, tant elle était occupée à détailler les splendeurs extérieures de la façade du majestueux édifice. Bouche-bée, le nez en l’air, elle descendit de la voiture, aidée du maistre.

« Anxieuse. Absolument pas. Après tout, vous êtes avec moi.»

Elle glissa son bras sous celui de son interlocuteur avec un sourire mutin. Et c’était vrai, elle n’était pas du tout anxieuse, juste curieuse, et éblouie par les lieux. La présence du plus puissant personnage du moment était une option appréciable, et en ce sens, elle pouvait se permettre de le flatter un peu. La façon dont il le prendrait serait sans importance. Au pire, il mettrait cela sur le compte de l’anxiété ou du fait qu’elle débarquait, pour ainsi dire.
Arrivés dans le hall du palais, elle ne manqua pas d’admirer, encore une fois, le décor, mais aussi la vue. Cependant, elle remarqua aussi qu’on glissait des regards instigateurs vers eux.

« Devrais-je l’apprécier, monsieur... oups... maistre Van Roesems ? »  

Et encore ce « ne me remerciez pas » dont Egérie commençait à ce méfier. Ici, encore plus qu’ailleurs, il était probablement rare d’offrir un service sans en attendre un en retour. Or, comme il venait lui-même de le remarquer, Van Roesems lui ouvrait en grand les portes de la capitale. Qu’y gagnait-il ? qu’espérait-il en retour ? c’était cette question là qui la taraudait alors qu’ils avançaient ensemble au milieu de tous ces gens de pouvoir. Quel intérêt la dame de Seintes représentait-elle pour le puissant maistre Van Roesems ?

« Etes-vous bien sûr que ce sont les questions qu’ils se posent ? J’opterai plutôt pour : Comment Van Roesems a-t-il fait pour s’accaparer la duchesse de Seintes dès son arrivée ? Après tout, vous m’avez reconnue aux Halles dès que j’y ai posé le pied. Pourquoi pas eux ? »

Une manière de dire qu’elle n’était pas non plus si dupe que cela, elle non plus, malgré sa naïveté affichée. Mais elle lui adressa un autre sourire, qu’il pouvait interpréter à son gré, avant de reporter son attention sur les groupes qui les entouraient.

« N’est-ce pas l’armateur Dolen que je vois là-bas ? demanda-t-elle en désignant l’individu du menton. Je lui ai présenté une excellente dessinatrice la dernière fois que je l’ai vu. Le connaissez-vous ? »

La réponse était probablement oui.

HaShem Boreh

Identité
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HaShem Boreh

CHRONIQUEUR
Ven 11 Déc 2020, 19:07
Sujet : Re: L'ordre naît du chaos, et du néant jaillissent les astres   
Maîstre
Van Roesems
hk0s.jpg
Titre : L'Armateur
Age : 61 ans
Race : Humain

Classe : Maître
Corpo. : Coterie des Armateurs

Alignement : Chaotique/Neutre
Localisation : Envel
S’il craignait les pirates ? Au-delà de la question c’est le temps utilisé qui fit réfléchir l’armateur.

« Disons qu’à l’époque je ne me posais pas la question. J’étais jeune alors, tête brulée et obstiné. Aujourd’hui, je ne me pose plus guère la question puisque je ne me charge plus que d’armer les navires sans prendre part aux voyages. Je ne suis donc qu’obstiné dorénavant. »

Il eut à moment là son premier sourire honnête car elle avait eu le don de lui rappeler son insouciante jeunesse et tout ce qu’il avait accompli depuis sans se rendre compte, ou plutôt sans vouloir prendre en compte les risques.

Alors qu’ils avaient passé le pas de porte, Van Roesems avait apprécié l’assurance de la duchesse. Du fait de son propre tempérament, il n’aimait guère les caractères mollassons ou tout simplement fade. La répartie ne lui déplaisait pas tant qu’il savait le soutien de son vis-à-vis attaché à sa personne. Aussi, avait-il acquiescé sèchement du menton lorsqu’elle lui répondit qu’elle n’était pas anxieuse, en revanche il émit un léger son irrité quand elle trébucha à nouveau sur son titre et il se dit en son for intérieur que la belle dame le provoquait tel un caniche pince un molosse.

« Apprécier je ne sais pas, répondit-il sèchement. J’ai observé que le sexe faible était souvent porté sur ce genre de plaisir, être regardée, admirée... Son ton s’adoucit alors qu’il pensait peut-être à une demoiselle. Oh, vous faites sans doute exception et je dois dire que nombre d’hommes aiment cela aussi mais la plupart d’entre nous l’apprécions lorsque nous inspirons de la crainte ou nous apporte à nous même un sentiment de puissance. Désir d’un côté, reconnaissance de l’autre. A vous de faire vostre choix. »

Il éclata d’un rire tonitruant lorsqu’à son tour elle joua à son jeu de deviner les pensées de ceux qui les entouraient.

« Eh bien ma Dame, je ne le savais pas… »

Il la regarda avec un sourire en coin qui révéla une dent en or.

« Je vous ai aperçu avec vos beaux atours et vos plans et il m’a suffi de vous approcher pour que vous m’informiez de vostre identité. C’est une question d’œil avisé ma chère… Et de suivre son flair. Or je retiens tous les noms que l’on cite à la cour ou dans le cercle des Halles, particulièrement lorsque ce nom est prononcé par une bouche princière. »

C’était donc ainsi qu’il s’était renseigné sur elle comme l’on se renseigne sur un poulain pour les courses mais il n’était pas suffisamment impoli pour le lui dire ainsi.

Ils arrivaient presque sur la place du sénat quand Égérie aperçu l’un de ses camarades.

« Vraiment ? Dit-il sans répondre sur le fait qu’ils se connaissent ou pas. »

La question ne l’intéressait pas, particulièrement parce qu’il sentait qu’à nouveau la femme tentait de le provoquer et c’est un sourire qu’il du réprimer alors que plusieurs personnes s’approchaient pour les saluer, dont le dit Dolen qui vint lui souffler quelques mots à l’oreille. Van Roesems acquiesça vivement en lui répondant :

« Il va nous falloir résoudre ce problème rapidement mais tout d’abord, je ne vous présente plus Sa Grâce, la Duchesse de Seintes ? »

Il s’assura de présenter la Dame à ces autres personnalités comme il se devait avec un respect de l’étiquette qui frisait la perfection. Il connaissait tout le monde et les reconnaissait non seulement au travers de leur titre et métier mais aussi de façon plus personnelle. Au-delà de la crainte que Van Roesems inspirait assurément, il était aussi parfaitement clair qu’il était admiré et respecté de ses pairs.

C’est avec chaleur que le maistre aborda le consul d’Envel pour lui présenter Égérie. Puis à une jeune femme au regard intelligent identifiée comme une émissaire chargée de la filière du bois que Van Roesems avait interpelé de loin. Ils furent approchés de plusieurs Archimages qu’il présenta à Égérie comme étant des hommes et femmes de talent. Il ne rechignait pas à la mettre en avant, qu’il soit assuré d’un retour ou pas de sa part, il semblait le faire avec un plaisir évident d’être simplement au centre de l’attention.

Pour Égérie, cela lui ouvrait concrètement des portes. Être noble et particulièrement lorsque l’on était comte et au-delà, permettait d’atteindre les salons les plus huppés mais le sénat n’était pas une affaire de noblesse. Il fallait faire partie intégrante d’une coterie et c’est en tant que jeune coterie que Van Roesems l’annonça à ses amis.

Plusieurs de ces personnalités avaient ainsi le pouvoir d’agir en la faveur de la de Seintes si elle réussissait à s’en faire des alliés. Au-delà d’alliés, maintenant qu’elle avait été présentée dans les formes, certains de ces experts pouvaient dorénavant être consultés par la jeune femme sur des points techniques liés à son domaine et sur des questions économiques. Ils avaient droit de vote au sénat et pouvaient l’intégrer (ou pas) dans le cercle fermé du sénat si la Duchesse nouait les liens qu’il fallait. Van Roesems pouvait les en convaincre s'il le voulait. Ces gens se connaissaient depuis plus de trente ans et les plus vieux étaient les mentor des plus jeunes.

A quelques mètres en contre bas se trouvait un espace de forme rectangulaire où commençait à se rassembler des conseillers en son centre. Pour y accéder, il y avait tout juste deux trois marches et à l’autre bout se dressait le trône, actuellement vide. De chaque côté du trône et tout le long de la place, se trouvait des sièges capitonnés, rangés derrière des rambardes de bois. Des groupes se formaient en dehors de cet espace, devant la salle et au-dessus via des balcons pour assister à la séance mais ces gens ne faisaient par partie du sénat.

« Les séances sont publiques vostre Grâce, mais il vous faut demeurer au-delà de ces marches qui entourent le sénat. Je vous laisse aux bons soins de maistre Dolen, il vous expliquera si besoin ce qu’il se passe. Nous avons apparemment quelques soucis de frontière… »

C’est en soupirant, que le maistre armateur alla s’installer à un des sièges tandis que plusieurs personnes élevaient la voix démontrant que la séance avait débutée.

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